Comment contester la suspension de son compte Facebook ?
- Rodolphe Rous
- 22 juil.
- 4 min de lecture

Se faire suspendre n’est pas une fatalité : comment reprendre la main sur votre compte Facebook – et faire payer Meta quand il le faut
L’alerte surgit souvent sans crier gare : « Votre compte a été suspendu ». En un éclair, tout un écosystème bascule – pages professionnelles, campagnes publicitaires, communautés patiemment construites. Depuis 2024, des milliers d’utilisateurs découvrent ainsi que le réseau social le plus utilisé au monde peut les réduire au silence d’un clic algorithmique. Or, sous les apparences d’une décision technique se cache une véritable question de droit : Meta ne peut plus agir unilatéralement ; ses propres conditions contractuelles, le droit européen et le Code de commerce français encadrent désormais chaque suspension.
Comprendre la règle du jeu que Meta a elle-même écrite
Dissimulée dans la section 4.2 des Conditions générales d’utilisation de Facebook, la plateforme s’engage à notifier l’utilisateur avant toute désactivation définitive et à lui laisser le temps de sauvegarder ses données. Elle précise également qu’un délai de 180 jours est ouvert pour contester la mesure. Ces deux promesses forment un contrat ; leur violation ouvre la voie à la responsabilité civile.
Du règlement européen P2B au Digital Services Act : Meta sous surveillance
Depuis 2020, le règlement (UE) 2019/1150 – dit « P2B » – impose à toutes les grandes plateformes d’exposer clairement les motifs de suspension et de respecter un préavis raisonnable pour les comptes professionnels. Depuis février 2024, le Digital Services Act (DSA) généralise ces obligations, ajoutant des exigences strictes de transparence, notamment sur les erreurs de modération. Les États membres peuvent désormais infliger des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial. En France, la DGCCRF applique également l’article L.442-1 du Code de commerce pour sanctionner les déséquilibres significatifs dans les relations contractuelles – Meta est directement visée.
Quand l’algorithme se trompe : chroniques d’une suspension annoncée
Les erreurs de modération sont loin d’être rares. En mars 2024, un utilisateur américain perd son compte personnel, puis le récupère après plusieurs relances juridiques – sans jamais recevoir d’explication. En Australie, la société de mobilité Mearth voit ses pages Facebook et Instagram supprimées, provoquant la perte de millions en chiffre d’affaires. Elle saisit la justice pour obtenir 1,25 million de dollars de dommages. En 2025, Meta transige à hauteur de 25 millions de dollars avec Donald Trump, après sa suspension post-Capitole.
Ces exemples démontrent une chose : lorsque la suspension est contestée juridiquement, Meta recule.
Meta ne peut plus « faire ce qu’il veut » : la jurisprudence s’écrit chaque mois
L’Oversight Board, organe indépendant financé par Meta, impose régulièrement le rétablissement de comptes ou de publications injustement modérés. Des juridictions nationales ont également reconnu un préjudice indemnisable lié à la perte de visibilité : un député européen a obtenu plus de 27 000 € pour un cas de shadow-banning. La DGCCRF multiplie les mises en demeure pour forcer les plateformes à garantir l’accès aux droits de leurs utilisateurs.
Suspendre sans motif clair, sans recours effectif ni préavis est désormais un risque juridique majeur pour Meta.
Comment notre cabinet transforme la crise en levier juridique
Dès la notification de suspension, nous déclenchons un audit express : conservation des preuves (captures, statistiques, échanges avec Meta), identification des clauses contractuelles non respectées et chiffrage du préjudice.
Nous rédigeons une mise en demeure argumentée :
rappel de la clause 4.2 des CGU,
citation de l’article 1225 du Code civil,
invocation du règlement P2B et du DSA,
exigence de rétablissement immédiat du compte sous quinze jours.
En parallèle, nous saisissons la DGCCRF pour pratique commerciale déloyale, et, si besoin, assignons Meta devant le tribunal de commerce de Paris pour obtenir le rétablissement du compte en référé – sous astreinte.
Dommages et intérêts : replacer l’entreprise dans sa situation initiale
En cas de faute caractérisée, nous exigeons une réparation intégrale :
remboursement des contrats publicitaires annulés,
compensation de la perte de chiffre d’affaires,
réparation du préjudice moral et de réputation.
Les montants obtenus dans nos dossiers varient entre 15 000 € et 120 000 €, selon l’audience, la durée de la coupure et l’impact économique. Des contentieux internationaux laissent entrevoir des indemnisations à sept chiffres.
Pourquoi se faire accompagner change radicalement la donne
Sans accompagnement juridique, à peine 30 % des utilisateurs récupèrent leur compte. Avec une mise en demeure bien fondée, le taux de réactivation dépasse les 70 %. L’effet d’entraînement est la vraie crainte de Meta : chaque victoire crée un précédent exploitable par d’autres.
Conclusion : reprendre sa voix – et son dû
Une suspension de compte Facebook n’est pas une décision divine ou technique, mais bien un acte juridique contestable. En mobilisant le droit contractuel, européen et commercial, en documentant votre situation et en agissant vite, vous pouvez :
récupérer votre compte,
faire respecter vos droits,
obtenir réparation.
Notre cabinet vous accompagne à chaque étape : audit, procédure d’urgence, négociation, assignation, indemnisation. Derrière l’algorithme, il y a toujours une responsabilité. Et derrière votre écran, nous faisons en sorte que votre voix ne soit jamais coupée sans droit ni recours.
Des questions ? Contactez nous :https://www.rous-avocat.fr/contact




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